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Julie rencontre... Patrick Moreau [Retour]
6 Octobre 2009
Natif de la ville de Nantes en Bretagne, Patrick Moreau sembles avoir toujours été amoureux des étendues d’eau et de la voile en particulier. Dès l’âge de 17 ans, après avoir reçu une bourse de voyage, il s’exile au Portugal pour y vivre sa première expérience de débrouillardise 101. Le défi était clair : il devait vivre pendant un mois et demi avec 400 francs en poche (à peine 100$ canadien), soit très peu d’argent, et travailler sur les bateaux afin d’apprendre la navigation traditionnelle sans aucune rémunération, à l’exception faite de nourriture. Logeant directement sur les bateaux, sur les plages ou dans les auberges de jeunesse, l’aventurier s’est débrouillé pour vendre quelques dessins afin de s’assurer un minimum de confort. Son expédition ayant eu beaucoup de succès, il récidiva l’année suivante avec une nouvelle bourse, et se retrouva dans le sud de la Tunisie cette fois pour aller se familiariser avec les pêcheurs d’éponges. Lauréat de la fondation Zellidja* après ces deux expéditions, il prit la décision d’étudier les langues orientales dans le but diriger sa carrière vers le journalisme. Après s’être inscrit pour apprendre le persan, le russe et l’arabe, un ami lui propose de l’accompagner au Kurdistan. S’ensuivit alors trois années réservées à l’apprentissage de la langue kurde, puis de plusieurs autres dialectes et où il prit le temps de découvrir le Moyen-Orient. Suite à son passage au Kurdistan, il s’installa 2 ans à Beyrouth dans un Liban en pleine guerre comme assistant d’un correspond étranger d’une chaîne de télévision française. Il se promena au Yémen où on lui confisqua tout son matériel de tournage, alla en Arabie, en Irak, en Afghanistan, ce dernier fut d’ailleurs pour lui le plus bel endroit du monde… il y a 40 ans. Jamais il n’évita les zones de conflits, malgré une fois où on lui colla un fusil sur la tempe… Patrick Moreau n’agissait pas par insouciance, mais il était plutôt mû par un désir de voir, de connaître, et de jouir de toute la liberté et l’indépendance que lui apportait le vaste terrain de jeu qu’est le monde.

Fidèle à sa passion première, c’est le fleuve du Mékong qui le fit pousser sa traversée au-delà du Moyen-Orient. Après avoir fait un film sur ce fleuve d’Asie qui parcoure plusieurs pays, il se prit d’affection pour le Viêtnam, un pays paradoxal qui vit à cheval entre tradition et modernité. Composé d’une population à 80% paysanne, le Viêtnam entame à peine sa phase industrielle. N’ayant pas connu de transition démocratique, ses habitants vivent toujours sous un régime communiste, mais le pays est maintenant ouvert à une économie libérale capitaliste. Les terres, qui jadis étaient des fermes collectives, sont maintenant des propriétés privées, ce qui a entraîné la création d’un fossé entre différentes classes sociales qui font de plus en plus leur apparition. Mais bien que la qualité de vie ait diminué pour la majorité des habitants, Patrick Moreau assure que les Vietnamiens, grâce à leur facilité d’adaptation, s’en sortent très bien.

Après avoir fait un film sur le fleuve Saint-Laurent et songé à s’installer au Québec il y a une quinzaine d’années, notre voyageur a plutôt choisi d’aller vivre au Viêtnam qu’il sait être son véritable pays d’adoption. Il a d’ailleurs déjà commencé à y faire sa place et ne se sens plus aussi étranger qu’il a pu l’être quelques années auparavant. Et qu’en est-il des projets futurs ? Eh bien, ce sera au tour du Laos d’être dans la mire de sa caméra vidéo. Je pari que ce bon vieux Mékong y occupera encore une place de choix !


* La Fondation Zellidja attribue des bourses de voyage pour permettre à des jeunes de 16 à 20 ans d’effectuer seuls un voyage d’étude sur le sujet de leur choix, dans le pays de leur choix.