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Julie rencontre Frank Courtade [Retour]
3 Novembre 2009
Les fidèles des Grands Explorateurs connaissent tous Frank Courtade sans même le savoir. Frère du cinéaste-conférencier Éric Courtade qui nous a présenté un film sur les déserts de l’ouest américain en 2007, il est aussi depuis 25 ans son fidèle acolyte travaillant à la création de ses films en faisant notamment la musique et quelques plans de caméra. De fil en aiguille, s’impliquant toujours plus dans le processus de mise sur pied des conférences d’Éric, ce dernier a fini par lui proposer, il y a sept ans de cela, de faire lui aussi la présentation des films sur scène, puisqu’il en connaissait le sujet sur le bout des doigts. La passion de la scène est alors venue s’ajouter à celle, déjà bien ancrée en lui, de la captation d’images.

Avec Frank Courtade, attendez-vous à une prestation vivante où notre cinéaste n’a qu’à regarder les images du film pour que les mots lui viennent naturellement en tête et qu’il se mette à vous raconter avec émotions ce que vous aurez sous les yeux. Affranchi de son frère Éric le temps d’une ciné-conférence sur les îles méditerranéennes de Malte, de la Sicile et de la Sardaigne, ce photographe d’expérience désire faire découvrir au public les merveilles que cache encore quelque peu notre monde. Il consent d’ailleurs qu’il est, comme tous les autres cinéastes-conférenciers, l’incarnation même d’un grand paradoxe : désireux de montrer au monde entier ses secrets les mieux gardés, d’ouvrir les horizons de tous et chacun, mais en même temps craintif que cette exhibition n’altère leur caractère précieux, pousse des milliers de gens à aller y voir par eux-mêmes, et finir par en faire des capitales touristiques, rompant alors le charme d’antan. Voici la grande contradiction qui habite les conférenciers. C’est un peu comme dire à un enfant de « toucher avec les yeux ». Pourtant, l’envie de faire voir autre chose, d’émerveiller et d’étonner reste ce qu’il y a de plus fort chez lui. Et c’est, en plus de la liberté et de l’apprentissage incessant, ce que lui permet constamment son métier qu’il qualifie d’immortel. Selon Frank Courtade, « tout le monde doit vivre avant de mourir », et pour lui, la meilleure manière de se sentir vivant est d’aller admirer les beautés du monde et de ces habitants. Et pas seulement voir, mais ressentir aussi. Comme lorsqu’il s’est retrouvé pour la première fois devant le grand Canyon sans pouvoir s’empêcher d’en avoir les larmes aux yeux tellement les beautés qui se trouvaient devant lui venaient chercher en son âme les plus profondes émotions. Mais surtout, surtout, l’important est de réussir à « comprendre ce que l’on a devant soi ». La pire insulte que l’on peut faire au monde est bien de passer, d’admirer durant quelques secondes, puis d’oublier et de tourner la page. Les merveilles qui nous entourent méritent bien mieux que cela.

Le temps que vous passerez en compagnie de Frank Courtade ne pourra, j’en suis certaine, vous laisser indifférents, car cet homme transpire la passion et le désir de la partager.