Sur la piste des origines avec Patrick Bernard

Sur la piste des origines avec Patrick Bernard

Ethnographe de renom sur la scène internationale, Patrick Bernard a consacré près de 40 ans de sa carrière à l’étude des peuples de tradition orale les plus menacées. Auteur, producteur et réalisateur de séries télévisées, Patrick se fait un plaisir de transmettre ses connaissances et de partager ses récits de voyage qui ont su forger son caractère. D’autant plus que cette vitrine permet aux tribus éloignées de faire entendre leur voix auprès de la société occidentale.

Pourquoi avoir choisi l’Éthiopie comme destination?

Pour un ethnologue comme moi, ayant consacré toute sa vie aux  peuples premiers des quatre coins du monde, l’Éthiopie est un incontournable. C’est là que notre humanité a fait ses tout premiers pas il y a 3 millions d’années, c’est là que les nouveaux modes de vie qui ont impacté la marche du monde comme l’agriculture et la sédentarité ont été découverts, c’est également le berceau des plus grandes civilisations contemporaines avec le christianisme copte, la reine de Saba et ses descendants, les juifs noirs Falasha et quelques-uns des plus grands lieux de l’Islam. L’Éthiopie est en fait un sanctuaire de l’humanité tout entière.

Qu’est-ce qui vous a fasciné le plus sur l’Éthiopie et pourquoi?

La survivance de modes de vie et de traditions millénaires qui ont pu perdurer jusqu’à nos jours par le fait que l’Éthiopie est le seul pays d’Afrique à n’avoir jamais eu à subir les invasions coloniales conduites par les pays de la vieille Europe.

Est-ce possible de visiter ce pays avec un budget serré, style voyage sac à dos?

C’est relativement faisable dans le nord du pays en utilisant les transports collectifs et en séjournant dans les familles ou les petits hôtels locaux. Beaucoup plus difficile dans l’est le Sud qui restent très isolé, parfois dangereux et nécessitent d’être accompagné d’un guide compétent.

 


 

Crédit photo: Patrick Bernard 

Quel est votre panorama coup de cœur?

La basse vallée de l’Omo aux confins de l’Éthiopie, du Soudan et du Kenya
 

Quelle expérience devrait-on absolument y vivre?

Pour un touriste, l’Épiphanie et les Pâques coptes sur le fascinant site des églises taillées dans le roc de Lalibéla.

Quel est le meilleur moyen de transport pour s'y déplacer?

Véhicule de location avec chauffeur local impératif. Il convient pour préserver la qualité des échanges et des rencontres qui font toute la richesse d’un tel voyage d’éviter le tourisme de masse et les voyages en groupes.

Qu’est-ce que la majorité des gens ignorent sur l’Éthiopie selon vous?

Le grand public ignore généralement que notre mode de vie actuel, les principales spiritualités et religions et surtout nos propres racines ont émergé dans les entrailles de l’actuelle Éthiopie.

Éthiopie, sur la piste des origines
 

Crédit photo: Patrick Bernard 

Quelle est l’anecdote la plus cocasse de votre voyage?

L’invasion à la nuit tombée de la ville fortifiée de Harrar par les Hyènes qui y pénètrent par des trouées aménagées par les Hommes dans les murailles de la ville pour venir la nettoyer.

Partagez-nous un moment magique vécu pendant l’un de vos séjours.

Les fascinants rituels de passage de l’adolescence à l’âge adulte qui rassemblent par milliers les Mursi et les Hamer de la basse Vallée de l’Omo. Lorsque l’on a la chance d’y assister on ressent le besoin de se pincer pour s’assurer que l’on est bien encore dans le monde du réel !

 

Quel est votre mets coup de cœur?

L’injéra, le plat national éthiopien. La grande crêpe éthiopienne sur laquelle sont déposés tous les mets et que l’on déguste à la main

Quels seraient les trois mots-clés pour décrire le film que vous nous proposez?

L’Exploration avec un grand « E », le dialogue des civilisations, l’origine du monde et de l’humanité.

 Éthiopie, sur la piste des origines
 

Crédit photo: Patrick Bernard 

Quels sont vos prochains projets? Sur quoi travaillerez-vous suite à votre tournée avec Les Grands Explos?

  • Un grand film d’exploration consacré aux peuples des mers du Sud et d’Océanie où je témoignerai notamment des premiers contacts avec les derniers peuples isolés et des travaux des pionniers francophones de l’exploration ethnographique,
  • La réalisation d’une grande fresque sur l’Amazonie et ses habitants
  • Une nouvelle production consacrée aux peuples montagnards de L’Orient Extrême.
  • Et toujours bien sûr les programmes de terrain de la Fondation Anako et de l’association ICRA International, le festival Anako du film Ethnographique qui se déroule chaque année en juin en France et l’Ethno-Musée Anako du Château de Verrière qui est ouvert tous les étés au public dans le Val de Loire.

Avez-vous une citation de votre cru, portant sur votre vision du voyage ou votre perception de ce que symbolise un « explorateur »?

« L’eau ne peut rester claire et transparente que si elle remue et coule en liberté, il en est de même pour l’Homme qui voyage car le voyage n’est pas seulement un déplacement dans l’espace, c’est un état d’esprit. »

L’explorateur est l’exact contraire du touriste. Tout voyageur part à la découverte des régions et des traditions les plus inaccessibles. Il fait du voyage, de la rencontre de l’autre et du partage un mode de vie, une philosophie. 

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«Éthiopie, sur la route des origines » dans une salle près de chez vous du 5 janvier au 6 mars 2020.